jeudi 31 décembre 2015

Le post que je ne voulais pas écrire

Il y a des post qu'on aurait aimé ne pas lire, tant ils nous remuent.
Il y a des posts qu'on aurait aimé ne pas écrire...
Je n'ai pas souhaité écrire ce que je vais écrire.
Mais j'en ai besoin, j'en ressens la nécessité.

C'est banal, commun, c'est arrivé à des tas de parents de la blogo.

Et pourtant, aujourd'hui c'est moi que ça touche, c'est moi que ça blesse, c'est à moi que ça arrive.

Rendez-vous pour l'échographie dans le cadre banal d'un hôpital, femmes aux ventres ronds, futurs papas aux yeux brillants.
L'entretien de routine avec la personne qui va faire l'échographie.
Puis l'installation devant la machine.

Ce rendez-vous avec notre bébé, on l'attendait avec autant d'impatience que d'appréhension, car j'ai déjà fait plusieurs fausses couches précoces.
Mais cette fois je suis suivie, surveillée, traitée pour éviter le pire...
Les professionnels sont encourageants "Cette fois ça semble bien parti".
Alors on commençait à y croire nous aussi, on avait même commencé à penser aux aménagements de l'appart, j'avais sorti mes vêtements de grossesse, car j'avais un joli ventre qui pointait.

L'écho est allumée ... et puis ce silence... Rien de connu à l'écran.
La sage-femme prend des mesures, se tait.
Je me permets de lui dire "on ne sait pas ce que vous voyez... "
Et cette phrase qui tombe : "On dirait que la grossesse s'est arrêtée".
LA PHRASE qui vous sidère, vous anéantit, fait basculer la joie des 3 derniers mois en un cauchemar.

"Je suis désolée." Elle a posé sa main sur mon bras. Doucement. Déclenchant mes larmes.
"Je vais chercher ma collègue, pour confirmation."

Et ce silence, entre nous, mes larmes, son poing serré, nos "je t'aime" réciproques...
Et cette idée que notre bébé n'a pas choisi la vie, que cette vie s'est éteinte sans bruit...
Le pourquoi ? Le c'est pas juste ?

Il va rester le plus dur : faire sortir ce bébé de mon ventre.
A ce stade, 13 semaines, ce sera par "aspiration".
J'échappe à l'accouchement, à défaut d'échapper au deuil et à la tristesse.
Un mot horrible, un de plus.
10 minutes pour anéantir des kilos d'espoir, d'amour, de projets.

 

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